L’association Crim’HALT, en partenariat avec l’association NOI (NOUS), s’est rendue à Ostia pour se former sur l’antimafia sociale grâce au projet européen Erasmus+.

Du 16 septembre au 20 septembre 2023, l’équipe de Crim’HALT, avec la participations collectifs antimafias en Corse : « Cullittivu Anti maffia Massimu Susini » et « Maffia NÒ – A vita IÈ », du collectif Alehan des victimes à Marseille, de l’Agence des biens confisqués « AGRASC », journalistes, enseignants, étudiants et victimes innocentes du crime organisé en France se sont rendus à Ostia en séjour d’étude.
Erasmus+4 dans l’antimafia sociale à Milan
Projet mai 2022 : Erasmus+3 sur les terres libérées de la mafia en Sicile
Projet 2020 : Erasmus+2 sur les terres libérées de mafia en Calabre
Ostia est un arrondissement de la ville Rome mais aussi une station balnéaire très fréquentée se situant dans la région du Latium au centre de l’Italie. Les habitants de cette région ont longtemps nié l’existence de la mafia sur leur territoire. Grâce à nos partenaires (l’association NOI, le Parc de la légalité, la Casa del Jazz), nos participants à la formation Erasmus+ ont visité, interagi et appris auprès d’associations locales sur un mouvent d’antimafia sociale relativement récent.
Les participants ont eu la chance d’être suivis par l’équipe de France 3 Corse qui a produit 3 sujets que vous pouvez visionner dans le cadre de la lecture de cet article.
Premier jour
La présidente de l’association NOI, la journaliste Federica Angeli, qui fête ses 10 ans de vie sous protection policière… nous accueille dans un restaurant qui, d’après ses enquêtes, n’est pas complice de la mafia… Elle sera notre guide tout au long du séjour.
Après les présentations, Federica Angeli dédicace son dernier livre à chacun des participants : “Le jeu de Lorenzo”. C’est à travers « Lolo », son fils ainé, que l’histoire se raconte : comment ses parents ont pendant 3 ans (2013-2016) transformé la vie sous protection policière en un jeu sur le modèle du scénario du film La vie est belle.
Un premier reportage pour connaître le travail de Federica Angeli et la situation mafieuse à Ostia
Atelier sur le journalisme antimafia dans un bien confisqué
Federica Angeli anime un atelier sur le journalisme antimafia, dans le siège de son association qui avant d’être confisqué par la justice appartenait au clan Spada. Comme d’autres journalistes qui vivent en territoire de mafia, Federica estime qu’il est impossible d’être neutre…
Lorsque midi sonne, c’est au Parc de la légalité que nous nous réunissons pour un pique nique spécial antimafia avec de la mozzarella bio fabriquée sur les terres confisquées à la mafia (Reporterre.net).
L’après-midi, nous sommes accueillis par une association de quartier qui gère un bien confisqué dans la banlieue de Rome, la propriété libérée du clan Casamonica à Campo Romano.
Deuxième jour
Visite matinale du port dont l’exploitation commerciale est entièrement confisquée par la justice.

Non loin du port se trouve un lieu de mémoire : la stèle qui rend hommage à Paolo Pasolini, assassiné sur la plage d’Ostie en 1975.
Nous passons devant la salle de sport T&T Palestra della Legalità, une salle de sport pas comme les autres. Elle appartenait au clan Spada, Ce complexe leur a été confisqué en 2019 et appartient désormais au patrimoine communal.
Nous déjeunons dans le restaurant “Anema e Core” qui remplace un établissement confisqué en 2017 par la justice italienne. Il appartenait à un puissant entrepreneur romain, Mauro Balini, en lien étroit avec deux clans mafieux opérant sur le littoral romain. Federica Angeli, nous dresse le portrait d’un des entrepreneurs les plus puissants de ce territoire en raison de sa proximité avec la mafia. Aujourd’hui, le restaurant est géré par un entrepreneur honnête!
Un second reportage qui illustre l’Antimafia sociale à l’œuvre
Un moment très attendu de notre séjour : rencontre avec « le repenti » Bonaventura
C’est un moment fort pour nous, qui échangeons avec un ancien membre de la mafia calabraise. Luigi Bonaventura, ancien chef de clan de la ‘Ndrangheta témoigne. En 2006, après avoir fait de nombreuses années de prison, en échange d’une protection policière pour lui, sa femme et son fils, (identité d’emprunt, remise de peine et aide financière), il a décidé de renoncer au crime. Et cela grâce à une loi introduite en 1991, sur les collaborateurs de justice. Le système des « repentis » s’est imposé comme le socle de la lutte contre les mafias. Il a permis la connaissance, de l’intérieur, du phénomène mafieux et il a provoqué une crise au sein des organisation criminelles. Le témoignage de Luigi Bonaventura a entrainé l’arrestation 500 mafieux et a permis de décrypter les codes de cette association mafieuse.


Regardez le reportage de brut : Repenti : confessions d’un ancien boss de la mafia
La confrontation entre les victimes françaises qui ont perdu un fils, un père, un neveu… et le tueur de la mafia Calabraise… un moment unique! Certains parents de victimes françaises sont convaincus du bienfondé et de l’efficacité par la coopération d’anciens gangsters y compris des assassins avec la justice. D’autres parents semblent plus réticents.
Troisième jour
La journée commence par la visite de la maison du jazz, un des premiers biens confisqués et distribués aux citoyens romains.


Atelier victimes innocentes : rencontre avec Franco La Torre
Nous avons rencontré Franco La Torre, fils de Pio La Torre, député et secrétaire du parti communiste italien. Père de la loi sur la confiscation, il est assassiné en 1982 par la Cosa Nostra, après avoir mené un combat sans relâche contre la mafia.
Face au mur des 1 000 noms de victimes innocentes de la mafia. Nous avons échangé sur le concept de victimes innocentes de la mafia. Témoignage puissant, d’autant plus que nous comptons parmi les membres du voyage des familles de victimes marseillaises et corses.
Pour ne pas oublier les victimes de la mafia, chaque année, le 21 mars, l’Italie rend hommage aux victimes innocentes.
CRIM’ SOUS CRIC. Emission 18 : Défendre la mémoire des victimes du crime organisé, en France aussi…
Atelier “Grande criminalité et journalisme antimafia”
Avec Sergio Nazzaro, journaliste-auteur, spécialiste de crime organisé, porte-parole du président de la Commission parlementaire antimafia de 2019 à 2022.
Retrouvez des articles de presse :
RTL : Des militantes des quartiers nord de Marseille s’inspirent des techniques anti-mafia
La Provence À Rome, des Marseillaises se forment à la lutte anti-mafia
La Provence : Commission spéciale, statut de « repenti »… Des pistes pour …
Voici les participants :
- Fabrice Rizzoli, cofondateur de Crim’HALT
- Bérangère Denizeau, maître de conférence et docteure en traductologie
- Davide Bremi, militant antimafia & trésorier de Crim’HALT
- Lisa Vesperini, avocate et membre du collectif antimafia en Corse Maffia NÒ – A vita IÈ
- Jean-Toussaint Plasenzotti, enseignant de langue corse et cofondateur du Collectif antimafia Maxime Susini
- Laetita Linon, collectif « ALEHAN »des familles de victimes à Marseille et tante de Rayanne
- Jolan Zaparty, journaliste à La Provence
- Anaë Woodward, étudiante en langues orientales et relations internationales, stage Crim’HALT avril-mai 2023 et référente victimes innocentes
- Ali Watani, journaliste, réalisateur et auteur
- Margot Pettinotti, étudiante en histoire de l’art
- Emmanuel de Lutzel, vice-président d’Habitat et Humanisme, à l’origine de l’affectation sociale d’un bien confisqué à un marchand de sommeil à Dunkerque
- Bruno Gex, réalisateur
- Stéphane Quéré, criminologue spécialiste des groupes de motards criminels, auteur de nombreux ouvrages, responsable module « crimorg » du master criminologie au CNAM et animateur du site crimorg.com
- Catherine Jorge, directrice de communication Agence des biens confisqués AGRASC Rapport 2022
- François Fameli, réalisateur, spécialiste des médias et auteur d’un mémoire universitaire
- Francesca Vinciguerra, journaliste et auteure d’un mémoire universitaire
- Aicha Sebai, fondatrice et présidente du collectif « ALEHAN »des familles de victimes à Marseille
- Alice Jourdan, étudiante en géopolitique, stage Crim’HALT juillet-août 2023
- Stefanu Manunta fonction publique famille de victimes (article en pdf plus bas)
- Le papa Yves
- La maman Angèle
- La petite sœur Carla Serena, victime à l’âge de 10 ans, minute 3 Lutte anti-mafia : à Milan, le souvenir des victimes innocentes du crime organisé
- Marie-Françoise Stefani, journaliste France3 Corse Via Stella et autrice du livre “Une famille dans la mafia”
- Stéphane Lapera, Grand Reportage Images




