Crim’HALT partie civile dans une affaire de malversations politiques en Corse

Pour la première fois en dix ans d’existence, Crim’HALT a demandé à se constituer partie civile aux côtés de l’association anti-corruption Anticor dans une affaire d’atteinte à la confiance publique en Corse.

David Brugioni et ses soutiens au Tribunal de Bastia

Le 22 janvier 2025 s’est tenu le procès de l’ancien maire de Centuri, un village de 220 habitants. Ce cadre paisible en bord de mer a pourtant été le théâtre de malversations politiques impliquant plusieurs membres de l’ancien conseil municipal entre 2008 et 2014. L’ancien maire, Joseph Micheli, est accusé d’avoir falsifié et mis en exécution des décisions du conseil municipal en l’absence de toute réunion de cette instance. C’est pour ces faits qu’il comparaissait devant le tribunal correctionnel de Bastia en janvier dernier.

Dans cette affaire, c’est David Brugioni, son successeur à la mairie, qui a révélé ces pratiques frauduleuses. Nous lui apportons notre soutien, car il a eu le courage de lancer l’alerte et de s’opposer à ces manœuvres malhonnêtes, parfois au péril de sa sécurité. Pour rappel, en 2017, des tirs à la chevrotine avaient visé sa maison, à proximité de la chambre de ses filles. En 2018, la mairie avait également été la cible d’une attaque similaire.

Ce n’est pas la première fois que Joseph Micheli fait face à la justice. Lors d’un premier procès en février 2017, il avait été condamné à deux ans de prison avec sursis, deux ans d’inéligibilité et 1 200 euros d’amende pour favoritisme et prise illégale d’intérêts. Cette condamnation concernait des marchés publics passés par la commune entre 2010 et 2013 pour un montant total d’environ 300 000 euros.

Aux yeux de Crim’HALT, les faits dénoncés dans ce dossier portent une grave atteinte à la confiance des citoyens envers leurs représentants et, plus largement, à la démocratie représentative. Parce que nous défendons une citoyenneté active et respectueuse de l’État de droit, nous avons jugé essentiel de nous constituer partie civile dans ce procès.

Le faux et l’usage de faux dont il est question ici ne sont pas de simples infractions affectant uniquement les habitants de Centuri en leur qualité de citoyens. Ces pratiques portent préjudice à l’ensemble de la société, car elles entraînent des dérives qui fragilisent notre État de droit et provoquent l’infiltration progressive de groupes criminels dans la vie politique. Ce phénomène insidieux constitue une menace sérieuse pour nos institutions et pour la confiance du public envers celles-ci.

« Reconnaître la participation de Crim’HALT dans ce procès pour faux et usage de faux en écriture publique, dénoncés par un citoyen, c’est renforcer le pouvoir de tous les citoyens de ce pays qui font confiance en notre justice », prononçait Fabrice Rizzoli, président de Crim’HALT, devant le Tribunal de Bastia. 

Le délibéré devrait être rendu le 12 mars prochain. Nous espérons que notre voix sera entendue. 

Vous pouvez retrouver David Brugioni dans ce documentaire qui met en lumière les difficultés relatives à la dénonciation de ces malversations.

Pour plus d’informations à ce sujet :

  1. Notre podcast sur la société civile en Corse : CRIM’ SOUS CRIC. Emission 1 : « Sursaut citoyen contre le crime organisé en Corse »
  2. Un article de Corse Matin sur le procès en question : Tribunal correctionnel de Bastia : 18 mois de prison avec sursis requis contre Joseph Micheli, ancien maire de Centuri
  3. Une vidéo plus courte de Brut sur la mafia en Corse : Mafia en Corse : au pays de l’omerta, les langues se délient

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