Le mot « mico » désigne en parler populaire colombien une espèce de singe, mieux connue sous le nom de « titi ». Dans ce contexte, il fait référence aux personnes qui s’introduisent sur les navires depuis la mer pour y introduire de la drogue. Se hisser à la force des bras sur le pont d’un navire à 15 mètres au-dessus du niveau de l’eau implique en effet une grande agilité, digne d’un « mico ».
Ce phénomène prend de l’ampleur comme conséquence du renforcement des contrôles au sein des terminaux portuaires, poussant les organisations narcotrafiquantes à s’adapter. Le mode opératoire implique une organisation robuste qui commence par acquérir la connaissance des navires et routes stratégiques sur lesquels disposer de la drogue, l’emplacement des conteneurs, les mesures de protection du navire, et bien évidemment où et à quel moment opérer.
Ces actions sont le plus souvent réalisées de nuit, lorsque le navire quitte la zone portuaire. Il navigue alors à une vitesse d’environ 12 nœuds (en gros 22.2 km/h). La dizaine de « micos » se trouve dans une vedette de pêche (lancha), avec deux moteurs hors-bord Yamaha 200HP, collant à la poupe du navire en surfant sur la vague produite par son hélice tout en évitant de se faire happer par le phénomène de succion.
Une fois suffisamment proche, l’un des « micos » lance un grappin pour tendre un câble entre son embarcation et le navire. Il grimpe, monte à bord, et assure le câble pour permettre à ses collègues de le suivre. Lorsque 7 ou 8 sont en haut, ceux restés dans l’embarcation commencent à accrocher les paquets de cocaïne d’une trentaine de kiloschacun. Ils les montent à la force des bras en quelques minutes. Le câble est détaché, chaque mico prend son paquet, et le groupe se déplace alors vers le conteneur identifié. Ils rompent le sceau de sécurité, introduisent la drogue, remplacent le sceau par un factice préparé avant la mission, s’éloignent du container et se jettent à l’eau où ils sont récupérés par la lancha.
Durée totale d’une opération rondement menée : 12 minutes. Indicateur d’une opération réalisée avec succès : pas de détection à bord du navire qui continue sa route, généralement vers l’Europe ou les Etats-Unis.
Pour en savoir plus :
L’Europe, le nouvel Eldorado de la drogue? Crim’HALT sur Arte
Anvers face à l’explosion du trafic de coke. Crim’HALT sur France Culture
Trafic de drogue : l’État impuissant ?
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