Crim’HALT incite ses stagiaires à fréquenter les tribunaux (cf. Procès du « faux Le Drian » ; Crim’HALT se rend au procès « Carbone Marseille » : l’escroquerie du siècle !). A la faveur d’une rencontre, celle d’une présidente de Cour d’assises, notre stagiar Anaë a pu assister au procès Copernic. Crim’HALT ne traite pas des problématiques du terrorisme. Mais lorsque l’on a l’opportunité de suivre un procès aux assises, c’était une évidence. Il faut y aller. Sans vraiment le vouloir Anaë a pu travailler le nouveau plaidoyer de l’association sur les victimes du crime organisé. Vous trouvez ici son carnet de bord du procès Copernic. Pourquoi ? Car c’est un procès pour la justice, mais aussi pour les victimes abandonnées depuis 1980. Aujourd’hui, il existe des dispositifs d’aides aux victimes du terrorisme mais à l’époque, il n’y avait rien. L’absence de statut des vicitmes du terrorisme de l’épouqe fait penser à la situation des victimes du crime organisé en France aujourd’hui (cf. 21 mars : journée en mémoire des victimes innocentes du crime organisé).
En outre, les victimes de l’attentat Copernic ont subi une injustice terrible, ostracisées par les propos très maladroits du Premier ministre de l’époque.
Après l’attentat à la bombe contre la synagogue de la rue Copernic à Paris, Raymond Barre s’était déclaré « plein d’indignation », à l’égard de cet attentat « odieux » qui voulait frapper les Israélites qui se rendaient à la synagogue et qui a touché également des « Français innocents qui traversaient la rue Copernic »…
L’expression victimes « innocentes », qui fait référence aux passants, transforme les personnes visées par l’attentat de confession juive en coupables. Or, dans un attentat terroriste, toutes les victimes sont innocentes. On comprend, avec cet extrait, la difficulté de faire une distinction entre les victimes. Pour autant, selon le plaidoyer de Crim’HALT en matière de crime organisé, on ne peut pas mettre sur le même plan, ni accorder les mêmes droits, aux victimes, aux trafiquants qui s’entretuent et aux victimes non impliquées dans les activités criminelles. Y a-t-il donc bien des victimes et des victimes innocentes ? cf 21 mars : journée en mémoire des victimes innocentes du crime organisé.
Retrouvez le carnet de bord de notre stagiaire lors du procès Copernic,
et bonne lecture !
Procès Copernic
Ayant eu lieu du 3 au 21 avril 2023
A la cour d’assises du Palais de Justice de l’Île de la Cité à Paris.
Pour Crim’HALT
Par Anaë Woodward
Dans le cadre de mon stage de Master 1 en Relations internationales, parcours de préparation aux concours de la diplomatie et des armées, à l’INALCO, 2022-2023.
Il ne s’agit pas ici de juger, ni de se prononcer sur la légitimité d’un conflit entre Israël et la Palestine, ni de parler des différences de religion ou de culture. Il s’agit de rendre justice aux victimes innocentes d’un attentat terroriste comme cela peut être le cas lors de crime de la criminalité organisée.
C’était un jour heureux pour les fidèles de la synagogue de l’Union libéral israélite de France, du 24 de la rue Copernic, à Paris. En ce jour de shabbat, la synagogue accueillait près de 300 personnes : quelques Bar Mitzvah avaient lieu. Les jeunes de 13 ans concernés se réjouissaient de célébrer cette fête tant attendue, marquant leur vie spirituelle.
Le 3 octobre 1980, à 18h37, une explosion a eu lieu dans cet établissement du 16e arrondissement de Paris. Une bombe chargée d’une dizaine de kilogrammes d’explosif, attachée au porte-bagage d’une moto de la marque Suzuki, explose devant la synagogue libérale. S’ensuit un chaos sans nom, une scène qui restera gravée dans la mémoire de toutes les victimes et de toutes les personnes présentes sur les lieux.
Le bilan humain de cet attentat est de quatre morts. Philippe Bouissou (22 ans), Aliza Shagrir (42 ans), Jean Michel Barbé (41 ans) et Hilario Lopez-Fernandez perdront la vie ce jour-là, tandis qu’ils passaient devant l’établissement. Aliza Shagrir se rendait chez le primeur, alors qu’elle séjournait à Paris avec son fils pour les vacances. Jean Michel Barbé attendait son enfant.
L’explosion fit également une cinquantaine de blessés. Elle fut tellement dévastatrice que des éclats de verre et des morceaux métalliques provenant des vitrines des boutiques de la rue et des voitures furent propulsés. Les dégâts matériels furent nombreux.
Les victimes de l’attentat subiront les conséquences psychologiques et physiques de ce tragique évènement. Les experts de l’enquête nomment cela des « polytraumatismes ». L’affaire n’ayant pas été jugée pendant des années, l’État n’a jamais reconnu les préjudices aux victimes de l’explosion, qui les marquent encore aujourd’hui.
Ce n’est que 43 ans après que la cour d’assises de Paris ouvre le procès de l’attentat de la rue Copernic. Le principal suspect se nomme Hassan Diab. Professeur en sociologie, libano-canadien d’origine palestinienne, né en 1953 à Beyrouth, il demeure auprès de sa famille en Ontario, au Canada.
Arrêté en 2008 par les autorités canadiennes, puis libéré sous caution, il a été extradé à la demande de la France en 2014, où il attendait en prison son propre procès pendant trois ans. Il a été libéré en 2018 et est retourné auprès de ses proches. Son absence au procès en 2023 est liée au refus du Canada d’avoir recours à une nouvelle extradition.
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C’est la première fois que j’assiste à un procès. À mon arrivée à l’Île de la cité, il est obligatoire de passer plusieurs points de contrôle. Je parviens à me rendre dans la salle d’audience, à la cour d’assises du Palais de Justice de l’Île de la Cité de Paris. La salle est pleine ; la présidence est entourée des avocats généraux, des avocats de la défense, de la partie civile, de la presse et, comme moi, du public.
Chaque jour, chacun des témoignages ajoute petit à petit une pierre à l’édifice ; ici, l’édifice est l’enquête dirigée par la justice française.
Je n’ai pas pu assister au premier jour d’audience : ce carnet de bord débute donc au deuxième jour de ce procès, qui est suivi internationalement.
Mardi 4 avril 2023
Plusieurs témoins sont appelés à la barre : un employé administratif travaillant à la mairie de Paris au moment des faits, un expert légiste, un expert en armement et un commissaire de police de la brigade criminelle.
Après avoir rappelé les faits, chacun des témoins aborde la présence de la moto de la marque Suzuki, qui semble être le seul indice matériel qui puisse remonter aux preuves, du jour de l’explosion. L’essentiel des éléments sur place sont calcinés, la rue est dévastée. On retrouve dans les corps des victimes des éléments métalliques, d’après l’expert légiste qui détaille les plaies. Les poumons sont tigrés, cela signifie qu’on retrouve la présence de lésions de soufre au niveau pulmonaire, soit une rupture des alvéoles. On observe également des polytraumatismes dont des plaies, des fractures. Mais la cause de la mort est toujours l’hémorragie interne. Ce sont des plaies respiratoires qui ont été causées par l’explosion.
L’expert en armement précisera qu’à l’époque, il était plus facile de trouver les constituants pour fabriquer une bombe. Il rappelle également que ce type de fabrication est à la portée de tous.
Petit à petit, dès ce premier jour d’audience, les témoins amènent des éléments qui nous guident directement aux coupables : la découverte de deux passeports chypriotes falsifiés. Les enquêteurs remontent jusqu’à la moto, achetée en liquide après sa remise en vente une semaine avant l’attentat dans un magasin de l’avenue de la Grande Armée. La personne qui l’achète a donné son identité : un homme dénommé Alexander Panadriyu. Il dévoilera résider à l’hôtel Celtic, dans le 8ème arrondissement de Paris.
Ces indices serviront de base pour le reste du procès. Pour l’audience, cela donne la ligne directrice des témoignages que nous allons entendre par la suite.
D’après le commissaire de police de la brigade criminelle aujourd’hui retraité, A. Panadriyu avait déjà été interpellé le 25 septembre 1980, dans un magasin à Montparnasse, pour le vol d’une pince. Le préjudice étant jugé faible, les forces de l’ordre ne poursuivent pas l’homme et il est relâché rapidement de sa mise en garde à vue. Dès que les enquêteurs comprennent que l’identité de l’acheteur de la moto est un homme recherché, ils comprennent également que le crime est lié au Moyen-Orient, et non-pas à l’extrême droite, cette dernière piste avait été envisagée.
À l’époque, les groupes de libération de la Palestine sont actifs et le rapprochement est fait rapidement. Plus tard, le commissariat reçoit une plainte par un loueur de voitures pour détournement d’une Citroën GS par un homme chypriote appelé Joseph Mathias, ayant un numéro de passeport proche de celui de l’homme recherché. Il s’avère que dans l’organisation de l’attentat, le coupable s’était procuré deux véhicules. Un passeport à son nom a été relevé en 1981 en Italie, avec mention de voyages en Espagne, d’où serait parti le commando de la FPLP (Le Front populaire de libération de la Palestine).
Après des heures de témoignages, s’achève cette première journée d’audience riche en informations.
Mercredi 5 avril 2023
L’audience débute par le témoignage de journalistes s’étant rendus sur les lieux à l’époque. Chacun d’entre eux rappellent l’importance de la mémoire accordée aux victimes de cet attentat, qui est le premier grand événement antisémite en France, depuis la seconde guerre mondiale. Il sera le premier attentat terroriste des années 80, qui seront marquées par plusieurs autres attaques.
D’après les journalistes, il ne s’agit pas forcément de retrouver ni d’accuser 43 ans après les faits. Mais plutôt de pouvoir mettre un nom sur l’attentat, mettre un nom sur un tueur. Et surtout reconnaitre toutes les victimes de cet attentat. Le rôle des journalistes est important, même tant d’années après, et même si les nombreuses enquêtes ayant eu lieu en France, en Allemagne et en Israël, n’ont jamais abouti. Ainsi, je me rends compte de l’importance des journalistes, dont on ne reconnaît pas toujours l’efficacité ni la pertinence du travail, avec le passage à la barre de Jean Chichizola (il est l’auteur d’un livre sur l’affaire, voir la Bibliographie). Il explique s’être déplacé au Canada en 2007, pour aller rencontrer le présumé auteur des faits, à la date du 22 octobre précisément. Ensuite, nous entendons Annette Lévy Willard qui mena toute sa vie des recherches sur l’événement. Elle débute par la description de la scène ce 3 octobre 1980 : « la scène était épouvantable. Il y avait encore des cadavres… à l’intérieur de la synagogue, la coupole s’était effondrée… ». Plus tard, elle travaillera sur la guerre au Liban, où elle pourra poser davantage de questions sur le terrain. Au début de septembre 1980, elle fait un reportage sur les néonazis : le crépuscule de Bruxelles. Et c’est ce groupe antisémite qui revendique l’attentat le soir même par un coup de téléphone. Elle n’est pas convaincue par cette piste de l’extrême droite fasciste, ayant beaucoup étudié la question nazie. Et elle se penche sur l’hypothèse proche-orientale, pour laquelle elle obtient rapidement des informations sur les explosifs. Ils semblent provenir de Bulgarie, éventuellement d’Allemagne de l’Est et, rapidement, la piste de l’Est devient une affirmation. Après 1999, il lui sera également confirmé par des Israéliens que la France et Israël coopéraient toujours pour élucider la vérité de cette affaire.
Pour finir, Mme Barbe-Prot, graphologue, interviendra pour analyser la fiche manuscrite de l’hôtel Celtic remplie par Alexander Panadriyu, avant d’y séjourner. L’expert rappellera la petitesse des éléments à expertiser dans sa situation. Cependant, elle réussit à trouver des ressemblances entre les lettres. Les écrits semblent très contrôlés. Ils sont dits « contraints » en graphie. Pendant son travail, elle éloigne une pièce à conviction, ce qui lui est reproché par la présidence de l’audience. Elle affirme n’avoir aucun intérêt à accuser Hassan Diab. Aussi, il aurait passé la nuit du 22 au 23 septembre en compagnie d’une prostituée. L’hôtel donne très peu d’informations, mais la prostituée avait constitué un témoignage que l’on entendra plus tard dans le procès.
Jeudi 6 avril 2023
Les interventions des graphologues sont nombreuses, afin d’avoir le maximum de rapports possibles sur l’écriture du dénommé Panadriyu. Leur rôle est d’analyser la pertinence des écritures et la concordance entre elles, pour attester qu’elles sont issues de la même main. Cependant, les documents ne sont pas nombreux et se séparent de plusieurs années. La première intervenante doit comparer deux écrits qui ont 15 années d’écart. On lui pose la question des performances graphiques optimales de Hassan Diab selon la différence des années, mais elle ne peut répondre.
Florence Buisson, experte en écriture et en documentation, et Juliette Bouzols, commandant de police en expertise des documents de fraude documentaire et criminalistique, disent que quelle que soit la culture, on apprend des gestes dès l’enfance. Nos gestes évoluent selon notre métier, nos habitudes et selon des caractéristiques spontanées comme la température, par exemple. Elles ont 23 feuillets à analyser pour l’expertise. Globalement, elles observent des irrégularités et des inclinaisons qu’elles arrivent à comparer. Elles notent des homogénéités d’ensemble : ces écrits de comparaison comportent des tracés identiques. Alors elles établissent au fur et à mesure une hypothèse.
Témoigner à la cour n’est pas seulement délivrer un savoir, ni un rapport d’expertise. L’exercice demande un véritable interrogatoire pointilleux dirigé par des spécialistes qui, afin de pouvoir émettre des hypothèses tangibles, doivent parfois appliquer une certaine pression sur les témoins.
Vendredi 7 avril 2023
Louis Caprioli, ancien membre de la DST (Direction de la Surveillance du territoire), raconte qu’il a été affecté lors de sa carrière à la structure de lutte contre le terrorisme international. Il faudra attendre 1982 pour que la DST ait une branche de recherche antiterroriste.
Il se lance dans de grandes explications sur les dynamiques terroristes depuis leur origine : alliances nationalistes, combats entre la France, l’Israël, la Palestine et l’Algérie, en passant par les actions du commando Mohammed Boudia, la recherche menant à l’arrestation de Carlos. Ce dernier nous ramène à l’implantation du FPLP, le Front populaire de Libération de la Palestine, en France. Le témoin dit qu’au Moyen-Orient, on estime qu’il y a un lobby juif en France qui promeut Israël. Au début, la piste principale des coupables de l’attentat reste les néonazis. Mais rapidement, elle est écartée pour celle du FPLP. Louis Caprioli pense que le FPLP est impliqué et qu’Hassan Diab en est le commanditaire. La DST doit mener ses propres enquêtes et la Palestine ne veut pas participer.
D’après lui, cet acte terroriste s’inscrit dans une position géostratégique, soutenu par le bloc de l’Est. Ainsi, cet attentat est traité stratégiquement plutôt que juridiquement et les États concluent des accords de non-agression avec les groupes terroristes. Les enquêtes se déroulent dans un climat de tension lié à la menace de l’extrême droite. Et le pouvoir est accusé de complaisance. À l’époque, les techniques policières ne permettent pas d’identifier l’ADN : le test apparait à la fin des années 1980 en France, identiquement au processus d’empreinte digitale. Après une très longue intervention, ses pensées vont aux victimes, qui d’après lui, ont été oubliées.
Lundi 11 avril 2023
La journée débute avec un témoin, qui rappelle que la prise en charge de cette affaire, des décennies plus tard, ne permet toujours pas de retrouver toutes les victimes. Leur nom n’ont pas été notés sur le moment. Il rajoute qu’en plus, certaines femmes ont pu changer de noms après leur mariage.
Le spécialiste de la brigade terroriste, Philippe Chicheil, procède à l’arrestation de l’accusé après avoir suivi pendant longtemps les pas de Ben Mohammed, le neveu du chef du FPLP. Il soupçonné d’avoir commandité l’attentat et a été retrouvé en Italie en 1981 avec 6 passeports sur lui, dont celui de Hassan Diab. En 1999 seulement, les réseaux terroristes sont identifiés et Hassan Diab devient l’unique suspect.
Il revient sur des éléments de l’enquête, qui évoluent essentiellement autour d’une preuve matérielle : le passeport de Hassan Diab. Ce n’est qu’en mai 1983 que Diab sollicite un nouveau passeport. Le père de Diab affirme qu’à cette époque, son fils voyageait sans papiers. Quand Diab est arrêté au Canada, il reconnaît la perte de ce passeport. Il atteste l’avoir perdu le 12 septembre 1980, c’est-à-dire à la date de son départ de Grèce avec Nawal Copty, sa première épouse. Philippe Chicheil raconte ensuite l’audition de la seconde femme de Diab : Heather Lyn Winne qui était étudiante dans la même université que Diab, à Syracuse. Cette audition date de novembre 2008. Heather Lyn Winne a raconté que sa relation avec Diab aurait cessé après la naissance de leur enfant à cause de la poursuite de sa relation avec son ex-femme Nawal Copty. Selon elle, il l’aurait seulement épousée dans le but d’obtenir des papiers.
M Loriot, agent de la brigade criminelle, explique avoir remis des documents trouvés dans un vieux dossier sur cette affaire, au commissariat du 14e arrondissement de Paris, à Marc Trévidic, juge d’instruction. Il y a de nombreuses personnes qui s’appellent Hassan Diab dans le monde, mais il n’y a qu’un seul homme marié à une Nawal Copty et qu’un seul qui part résider au Canada. Ces informations nous aident à remonter à lui. Aussi, le père de Diab affirme que les portraits-robots ressemblent bien à son fils.
Les témoins abordent également la phrase choc prononcée par le Premier ministre français, Raymond Barre, le jour de l’attentat : il semblait faire une distinction entre les juifs touchés et les Français. Cette affirmation marqua les mémoires.
Mardi 12 avril 2023
Ce jour d’audience regroupe de nombreuses interventions. L’audience débute avec P. Gruselle à la barre. Il était le surveillant du magasin Inno, à Montparnasse. Il y a des années, il a surpris Alexander Panadriyu en train de voler une pince coupante dans son magasin. Il atteste que l’homme n’avait que des dollars dans sa poche. C’est un des premiers qui aidera à dresser le portrait-robot du suspect.
Jean-Claude Leborne est le suivant appelé à la barre. Il était officier de police judiciaire lors des faits, et c’est lui que l’on appelle lors du vol à l’étalage dans le 14e arrondissement de Paris par Alexander Panadriyu. Le voleur reconnaît immédiatement les faits et présente au témoin un passeport chypriote ; apparemment il aurait atterri à Lyon le 15 septembre 1980. Le voleur avait une somme suffisante pour payer l’article en lui-même, bien qu’il n’eût que des dollars. M Leborne ne se souvient pas dans quelle langue ils conversaient, « mais sans doute un mélange d’anglais et de français », dit-il. « C’est le type d’affaires que l’on voit 20 fois par jour dans les commissariats. Et le jeune homme portait très bien sur lui, donc la police n’a pas eu d’inquiétudes particulières ». Ils procèdent tout de même à une vérification de papiers d’identité. À la fin de son témoignage, M Leborne déclare, avec émotion : « Le jour où j’ai appris qu’il était le suspect de l’attentat, j’étais consterné et plein de culpabilité, comme tout le monde. Mais si on avait transmis le procès-verbal au parquet, cela n’aurait pas suffi à empêcher le drame car il n’aurait jamais été déféré ». Il s’excuse de son manque de précision. Un autre officier de police témoigne : il est sûr qu’il ne parlait pas bien français, il était assez petit, avait les cheveux teints et une moustache.
À la barre, Mme Groom : elle était à l’époque réceptionniste dans l’hôtel Celtic, se situant 8 rue Balzac à Paris. Elle se souvient d’un homme venu demander une chambre sans réservation, mais n’a aucun souvenir de son physique. Elle lui fait remplir sa fiche et lui donne ses clefs de chambre. Elle ne parle pas très bien le français à l’époque, à son avis ils ont dû échanger en anglais.
Ensuite, la Présidence demande l’analyse des témoignages qui ont participé à rassembler des informations. Le premier document est la fiche d’hôtel. L’autre réceptionniste avait écrit qu’il se trouvait également à l’entrée, aux côtés de Mme Groom, quand Alexander Panadriyu est arrivé. L’homme avait besoin d’une chambre immédiatement. Il n’avait pas de bagage. Groom note son nom sur la caisse. L’hôtel a 80 chambres, 3 sorties et pas de garage : ils ne remarquent pas de présence d’un véhicule. L’homme paye en liquide, en francs français.
Le deuxième est un document délivré par Marcel, le concierge de nuit de l’hôtel Celtic. Il travaillait la nuit du 22 septembre 1980. Il parle de Suzanne, la prostituée, qui est de passage environ trois fois par semaine dans l’hôtel à la recherche de clients. Un homme était à l’accueil, Marcel lui donne la clef, celle de la chambre 110. Suzanne discute avec l’homme et Marcel comprendra, une fois hors de son champ de vision, qu’ils sont montés ensemble. À son habitude, la prostituée passe souvent le lundi. Le témoin suppose qu’ils se soient vus un lundi.
Le troisième document est daté du 5 octobre 1980 : c’est celui d’une femme italienne connue sous le nom de Suzanne, signalant la perte de sa carte de séjour. Elle réside rue Mozart et elle est en instance de divorce. Elle explique que son mari lui envoie 3000 francs tous les mois mais ce n’est pas assez, donc elle se prostitue. Elle reste souvent dans le hall de l’hôtel Celtic pour parler avec Marcel. Ce soir-là, elle a vu A. Panadriyu et lui sourit. Il s’est approché et a demandé si elle voulait monter dans sa chambre. A. Panadriyu a affirmé qu’il était grec. Il avait des cheveux noirs et courts, les yeux marron et avait environ 30 ans. Une fois dans la chambre, elle explique qu’ils se lavent avant d’avoir un rapport. Il la paye en dollars, qu’elle échangera par la suite. Elle a expliqué qu’il était circoncis et « qu’il ne parle pas beaucoup. Il n’a pas de tatouages. Il ne discute pas sur ses origines ». Elle lui demanda si elle pouvait revenir le lendemain, mais finalement il n’était pas là. Elle ne voit pas de bagages, à part une brosse à dents. Elle ne reconnaît pas vraiment son client dans les portraits-robots lorsqu’elle est entendue en 1999, car l’instant qu’ils avaient passé ensemble avait eu lieu dans l’obscurité.
Les témoins se contredisent parfois sur le physique de l’homme dont on parle à la barre : la présence d’une moustache, la couleur des cheveux qui oscille entre le noir et le blond, etc. La distance temporelle n’aide pas à trouver certitude des caractères physiques observés en 1980, il y a plusieurs dizaines d’années de cela.
Jeudi 13 avril 2023
Ce fut sans aucun doute la journée la plus émouvante de tout le procès. Les victimes et les familles de victimes sont appelées à la barre, 43 ans après les faits. Les victimes témoignent avec émotion, avec rancune de ces 43 années sans aucune aide, sans aucune reconnaissance de l’État.
Le premier témoin est le fils de la victime Aliza Shagrir, qui a 19 ans lors des faits. Il est en voyage à Jérusalem pour son anniversaire. Sa mère était avec son plus jeune frère, qui ne s’en ai jamais remis. Il avait 16 ans. Son père s’est battu toute sa vie pour la mémoire.
Ensuite, nous entendons Patricia Barbé, la fille du chauffeur Jean Michel Barbé, victime de l’attentat. Patricia Barbé n’avait que 16 ans au moment de l’explosion. Elle nous lit une lettre, avec pudeur et émotion, qu’elle a adressé à son père.
Michael Williams, 79 ans, est le suivant à s’avancer à la barre. Il était rabbin à la synagogue de la rue Copernic et tenait ses fonctions depuis 40 ans. Il a attendu pendant 30 ans que la justice lui pose des questions sur l’attentat. Il explique que le lendemain, il s’est rendu à l’hôpital Ambroise Paré. Il venait voir les blessés qu’il connaissait. On lui a répondu : « Sortez d’ici, vous êtes responsable de tout cela ». Il explique que cette remarque l’a marqué. Pour finir, la cour s’excuse du délai du procès, en affirmant qu’aujourd’hui, on n’aurait pas attendu 40 ans pour juger une affaire de la sorte.
Corinne Adler, 56 ans, s’avance à la barre. Ce 3 octobre 1980, elle faisait partie des cinq enfants qui fêtaient leur Bar Mitzvah : elle avait 13 ans. « Mes parents sont juifs allemands, ils ont fui l’Allemagne en 1938 après la nuit de Cristal ». Quand l’attentat a lieu, son grand-père s’exclame « pour un attentat, je n’ai pas besoin de venir à Paris. Il y en a déjà en Israël ». « J’ai grandi dans une famille juive libérale. Et la Bar Mitzvah se prépare pendant deux ans. On apprend l’hébreu et à chanter les prières. Ça marque le passage vers la vie adulte ». C’était un jour heureux. Quand ils sortent de la synagogue, le paysage est terrible. Ils sont choqués. « C’était brutal » dit-elle en racontant sa prise de conscience rapide des événements. Elle rappelle aussi le choc quant aux mots du Premier ministre : « alors nous n’étions pas français, nous étions coupables, nous étions la cible. Mais la vie continue. Un mois plus tard, j’ai perdu mes sourcils à cause du choc. Je ne me suis pas considérée comme une victime. Mais en 2010, j’ai été contactée concernant les attentats par les parties civiles et je me suis rendu compte que j’avais un rôle de témoin, de combat, pour rendre hommage aux victimes et à leurs familles et que l’antisémitisme, le racisme, toutes les haines contre les humains puissent un jour ne plus être là ».
Le président demande si elle a eu des cauchemars, si sa vie d’adolescente de 13 ans a été bouleversée ce jour-là : « Bien sûr, ça a impacté ma vie. J’ai une forte aversion pour les bruits d’explosifs, comme les ballons qui éclatent ». Elle dit que cela a forcément eu un impact sur sa vie, pendant longtemps elle était en sursis. Elle combat cette tristesse et cette colère. A 15 ans, elle constitue un groupe de jeunes pour assurer la sécurité de la synagogue. Elle vit avec ce traumatisme encore aujourd’hui, même si elle a eu recours à de l’aide thérapeutique. Elle a une amie atteinte de forte dépression depuis. Elle explique qu’elle est devenue sage-femme, métier qui attrait à la vie et à la joie, et que ce choix résulte de son passé.
Nous entendons ensuite Gérald Barbier : il avait 28 ans lors des faits et travaillait dans la boutique d’électroménager de ses parents. Il décrit avec grande émotion : lors de l’explosion, il a subi une « électrocution » et a été « complètement secoué ». Ils se retrouvent dans le noir. Lui et son frère sont blessés, et les clients aussi, ensanglantés par les éclats de verre des vitrines. Le plafond s’est écroulé, les débris de fer sont partout. Sa mère et son père sont grièvement blessés. Son premier réflexe est de sortir dans la cour. En premier, il pense à une explosion de gaz. Il se dit pris d’un instinct de survie et veut mettre les gens à l’abri. Un médecin arrive, s’occupe de sa mère qui est grièvement blessée : son cœur ralentissait, elle perdait beaucoup de sang. Les pompiers arrivent assez vite, car il y avait une caserne non loin de la boutique. Le témoin voit la désorganisation et l’affolement dehors. Ils sont emmenés à l’hôpital et il souhaite rester à tout prix avec son frère dans la panique du moment, afin de ne pas être séparés. À l’hôpital, ils sont guéris de leurs blessures et partent à la recherche de leurs parents. Sa mère reste hospitalisée trois semaines et son père une semaine. Ils doivent remettre en ordre la boutique. Il précise ne pas avoir eu d’assistance, ni d’aide psychologique suite à l’attentat. Sa famille monte l’association Unité Défense, afin d’obtenir des indemnisations pour dommages corporels et dégâts matériels. Ils étaient en contact avec la préfecture de police. Le témoin aborde les conséquences à long terme, en insistant sur le traumatisme perpétuel. Ce jour-là, sa mère était intransportable, elle a été transfusée sur place. À la suite, elle a vécu avec des éclats de verre dans son corps jusqu’à sa mort car les médecins n’ont pas pu tout enlever. Certains morceaux remontaient parfois à la surface, les médecins venaient l’inciser. « Après cela, les clients craignaient de venir dans la rue », affirma-t-il.
Nous entendons M Pollaschek, qui débute son récit avec une introduction rappelant le passé persécuté des juifs. Il est de nationalité autrichienne. Ses parents s’étaient mariés à la synagogue. Ils sont venus se réfugier en France en 1938. Son père est d’origine israélo-allemande : il fut déporté. Sa mère et lui ont été arrêtés, internés, mais réussissent à s’échapper en 1944 en Suisse. Le témoin souhaite rappeler cet « ensemble d’informations lourdes » avant l’histoire de la rue Copernic. Ce jour-là, il part avec son fils dans le magasin des Barbiers pour acheter des ampoules. Mme Barbier lui sert les ampoules dos à la vitrine, et donc dos à la moto, tandis que lui et son fils sont de face. L’explosion a lieu et en une fraction de seconde, ils se retrouvent en sang, au sol, et le plafond est écroulé. C’est le trou noir ; ils se retrouvent à l’hôpital où les médecins lui disent qu’ils doutent qu’il puisse retrouver la vue. Par peur, sa femme quitte Paris avec leur fille. M Pollaschek se retrouve seul pendant des mois avec son fils. Cet évènement a eu de grosses conséquences sur sa vie de famille. Son fils a été blessé à la tête et n’a jamais été reconnu comme victime. Il a été traumatisé par la vision de son père blessé. M Pollaschek dit venir à la barre à la place de son fils, qui est traumatisé au point où il fuit encore aujourd’hui le sujet de l’attentat. Il avait 9 ans, et n’a jamais eu de soutien psychologique. Tous deux trainent encore aujourd’hui des conséquences. M Pollaschek demande : « Je voudrais savoir qui en est le guide suprême ? ». Le président de l’audience répond : « Je ne peux parler que de suppositions. Le groupe, à l’époque, était dirigé par un dénommé Salim Abu Salem : c’est lui qui aurait décidé de frapper. Si nous obtenons condamnation, un mandat d’arrêt sera transmis aux autorités canadiennes qui choisiront de le respecter ou non. Votre fils est aussi une partie civile, s’il veut témoigner ». M Pollaschek : « C’est trop lourd, il ne veut pas. Il l’a fait par procuration, c’est moi qui suis ici aujourd’hui, sans avocat. Ensemble, on n’en parle pas. Il est célibataire, il a 52 ans. Dès qu’il reçoit des papiers du tribunal, il refuse d’en parler. Comme il n’a pas été pris en charge, il vit encore avec des problèmes ». Le président : « Les années n’effacent rien. Il n’est jamais trop tard pour essayer de forcer la prise en charge. S’orienter vers un suivi pour lui, pour vous ». M Pollaschek : « Non je ne pense pas qu’après tant d’années nous seront pris en charge. Quand bien même j’ai essayé de le faire voir des psychologues, il refuse ». Le président lui montre la photo du masque ensanglanté, faisant la une des journaux : c’est son fils. Il dit : « Je suis allée voir le procès de police à l’époque. La cour de cassation avait l’air de vouloir prendre en compte les impacts sur la famille. Mais est-ce rétroactif ? », ce à quoi le président répond que s’il y a condamnation, il y aura une audience civile. Donc a priori, oui, les procédures devraient être rétroactives.
Vendredi 14 avril
Ce jour, je ne prends pas beaucoup de notes, car les informations transmises ont déjà été prononcées.
L’audience débute avec la prise de parole d’un expert canadien, M Radley. Il est graphologue et compare eux signatures différentes. Il précise qu’en aucun cas elles devraient être comparées. Il a rencontré Hassan Diab et sa femme, Nawal Copty, qui s’est aussi faite expertiser.
Lundi 17 avril 2023
De nouvelles parties civiles se sont constituées, comptant environ une vingtaine de personnes.
Le président lit l’audition du suspect par un sociologue canadien qui n’est pas présent. Dans le script, Hassan Diab demande son droit au silence, il n’y a pas beaucoup d’informations. En janvier 2016, Hassan Diab change d’avocat. Ensuite il répondra aux questions du juge d’instruction, où il prononcera son innocence. Tout d’abord, il rappellera ses études en sciences sociales à l’université de Beyrouth, disant qu’il passait ses examens au moment de l’attentat. Pendant l’interrogatoire, il est également interrogé sur ses positions politiques, dont sa vision du conflit israélo-palestinien. Il répondra qu’il n’a pas réellement d’avis politique et qu’il n’a pas d’intérêt pour ce conflit : « Je ne suis pas impliqué dans cet attentat, je n’en connais pas les auteurs, je ne sais plus exactement où je me trouvais le 3 octobre 1980 mais j’étais à Beyrouth », affirme Hassan Diab au juge d’instruction lors d’un interrogatoire en 2016. Quant à son passeport, Hassan Diab explique au juge avoir perdu une sacoche attachée à sa moto : « Je n’ai pas pensé tout de suite à mon passeport, mais surtout à la perte de mon sac ».
Ensuite, nous lisons les retranscriptions des interrogatoires par J.M. Herbaut ; le premier interrogatoire date du 7 janvier 2015. Ces retranscriptions permettent de faire le portrait de Hassan Diab. Il est né dans une famille musulmane chiite libanaise, il a 6 frères et sœurs. Son père est marchand de tissu. Sa mère s’occupe des enfants et travaille avec son père. Il n’aime pas trop l’école, il préfère le foot. Il prend d’ailleurs du retard en cours, en partie à cause de la guerre civile. Les examens sont donc décalés en 1980 et les deux années suivantes également. Il connaît déjà Nawal Copty, sa première épouse. Elle est d’origine palestinienne, sa famille a fui la Palestine en 1948. Son père s’installe en Grèce. Diab et sa femme n’habiteront jamais ensemble au Liban. Ils se marient civilement à Chypre en 1987 avant d’aller aux États-Unis pour finir leurs études. Ils divorcent en 1992. Tous deux obtiennent leur doctorat en 1995 à l’Université de Syracuse. Hassan Diab se mariera plusieurs fois et sera aussi amené à se déplacer pour sa carrière : il enseigne aux États-Unis, au Liban, au Koweït et au Canada. Il a deux fils avec deux femmes différentes puis une fille et un fils avec sa dernière femme Rania.
Un ancien camarade d’université de Hassan Diab affirmera à la barre que les examens avaient bien été décalés à l’automne mais il ne sait plus s’il s’agit de 1980 ou 1981. Il décrit Hassan Diab comme un élève studieux. Il ne parlait pas de politique. Il était aussi le seul à avoir une moto, un blouson de cuir et les cheveux blonds. On apprendra plus tard qu’il n’avait pas de permis.
Suit l’intervention du frère de Nawal Copty : N. Copty. Ce dernier assure bien connaitre Hassan Diab depuis les années 80. Il passait beaucoup de temps chez eux. N. Copty a entendu parler de l’attentat pour la première fois en 2008 par la presse. Il affirme qu’Hassan Diab ne faisait pas partie de cette organisation. Selon lui, il n’était pas très investi politiquement, il n’était ni violent ni antisémite. Le témoin ne pense pas que Diab menait une double vie.
Nous entendons Mme Copty, la mère de Nawal. Elle explique qu’Hassan Diab faisait presque partie de la famille, malgré la différence de religion. En septembre 1989, elle lui demande d’accompagner sa fille et son mari à l’aéroport de Beyrouth pour franchir les barrages de sécurité. A chaque été, ils allaient tous en Grèce ou à Chypre, et Hassan Diab était convié avec eux. La Défense demande les opinions politiques de l’accusé. Mme Copty répond qu’ils n’abordaient pas la politique. Mme Copty s’est dite très choquée d’apprendre ce qu’on reprochait à Hassan Diab. Elle assure également que sa fille ne peut pas être impliquée dans cette affaire. Elle rappelle la profession de sa fille, qui est professeure, pour démontrer son innocence. Pour finir, un autre ancien camarade d’université de Hassan Diab interviendra, rejetant l’accusation.
Mardi 18 avril 2023
Le premier témoin de ce onzième jour d’audience est le Dr Zagury, célèbre psychiatre qui a été entendu dans de nombreuses affaires sur la question antisémite. Il examine Hassan Diab le 26 octobre 2016 où il séjourne en isolement à la maison d’arrêt de Fleury Mérogis. Il décrit l’excellent niveau expressif de Diab, ainsi que son « calme » et sa « courtoisie ». Après examen, le bilan affirme qu’il n’a pas de pathologie psychiatrique, bien que ce soit complexe de l’affirmer aussi promptement. Dr Zagury dit qu’Hassan Diab prenait des notes pendant l’examen. A la fin, il dit au psychiatre que l’isolement est un enfer ; et qu’il ne reçoit que très peu de visites puisque ses proches sont au Canada. Le Dr Zagury lui demande comment il se sent avec cette accusation. Dans sa réponse, Diab cite Dreyfus, expliquant qu’il se sent comme dans une situation de survie. Dr Zagury exprime la difficulté à « établir des conclusions » : il ne savait rien en dehors de l’énoncé que Diab lui donnait.
Le prochain témoin se nomme Jean-Michel : à l’époque, il fait partie des jeunes qui sécurisaient la synagogue de Copernic. Il avait 19 ans le 3 octobre 1980. Depuis, Jean-Michel est traumatisé. Il a peur de la foule et des bruits « comme ceux des pétards ». A l’époque, personne n’avait recueilli son témoignage.
Nawal Copty est la première femme de Hassan Diab. Elle assure que le 28 septembre 1980, Hassan Diab l’accompagne avec son père à l’aéroport de Beyrouth pour leur départ en Angleterre. Elle nie son appartenance au FPLP. Mais la Défense persiste : « Il a été dit qu’Hassan Diab était membre du FPLP ». « Quand on a 20 ans à Beyrouth en 80, en pleine guerre, on n’est pas un minimum engagé ? Surtout que la société libanaise est politisée » déclare la Présidence, ce à quoi Mme Copty répond qu’elle n’a jamais été dans un parti politique, bien qu’elle soutenait la Palestine. Elle déclare : « Je suis croyante, je vais à l’église et je prie ; donc mentir est un péché ». Son témoignage est interrompu, reprendra plus tard au cours de la journée. Les informations qu’elle transmet semblent confuses.
Belinda Fuller, une étudiante ayant eu une aventure avec Hassan Diab, vient témoigner pour raconter ce que Diab lui avait dit un jour. Selon elle, il avait avoué au cours d’une de leur discussion qu’il avait fait exploser une voiture. Les deux jeunes s’étaient rencontrés à l’université de Syracuse en 1990 et furent en relation pendant un mois environ. Il se confiait sur sa relation avec sa femme Nawal. Ce serait un mariage blanc, pas une relation de couple mais une protection dont ils avaient tous deux besoin. Étant palestinienne, Nawal n’aurait pas pu avoir de papiers sans l’aide d’Hassan. Il lui aurait aussi avoué que sa femme avait des liens avec des personnes qui militaient en Palestine. Il lui affirma avoir fait exploser une voiture. Le président explique à Mme Fuller qu’Hassan Diab a bien été suspecté d’avoir participé à un attentat de voiture piégée en Belgique, à Anvers. Face à cette révélation, Mme Fuller s’effondre en pleurs. L’audience est suspendue. A la reprise, elle dit qu’elle a déjà menti pour lui. Elle dit qu’elle sait qu’il conteste les faits, qu’elle a conscience des paroles qu’elle a à la barre. Pour finir, elle rappelle qu’elle parle en connaissance de cause et en toute liberté.
Heather Lyn Winne, la seconde femme de Hassan Diab, déclare avec assurance que son ex-mari ne souhaitait obtenir d’elle que les papiers pour rejoindre l’Amérique.
Nous entendons ensuite une ancienne collègue et amie de Hassan Diab. Pour elle, Hassan n’avait aucune violence ni de haine. Il luttait contre toute discrimination.
Mercredi 19 avril 2023
Aujourd’hui, nous entendons les témoignages d’autres victimes. La première personne à être entendue est un policier. Il raconte qu’il s’est retrouvé seul ce jour-là à surveiller l’entrée de la synagogue, il se trouvait debout à 4 mètres de l’entrée. La présence de sécurité renforcée avait été demandée par la synagogue. Depuis, il y avait deux hommes des forces de l’ordre postés devant la synagogue pendant les cérémonies. Le témoin dit qu’il n’a pas été blessé par l’attentat mais s’est retrouvé projeté contre le mur. « C’était sombre, les gens criaient, les voitures brûlaient. C’était affreux ». L’autre policier n’avait pas non plus été blessé.
Ensuite, nous entendons une personne dont je n’ai pas retenu le nom. Elle avait 13 ans le 3 octobre 1980. Elle était avec ses amis et sa famille à la synagogue comme tous les vendredis de Shabbat. Elle ne se rappelle pas avoir vu le policier ce jour-là. Elle était assise à gauche de la synagogue avec deux amis. Elle entend des bruits sourds et des cris : « Un homme nous a dit de nous baisser au cas où le terroriste viendrait dans la synagogue. On s’attendait à une fusillade ». Pour sortir de la synagogue, elle a dû enjamber un corps. Elle se demande alors pourquoi quelqu’un voulait la tuer. Après les paroles du ministre Raymond Barre, elle dit qu’aux yeux de l’Etat elle avait l’impression de n’être « plus qu’Israélite. Depuis j’ai ce mot en horreur. Et surtout je n’étais pas innocente ». Elle dit qu’elle n’a plus jamais été la même. Pendant un mois, elle explique qu’elle erre dans les rues sans que ses parents ou que son collège ne s’en rendent compte. On lui dit qu’elle est faible, qu’elle doit passer à autre chose. « J’ai hurlé ma souffrance mais personne ne semblait m’entendre. Je voudrais m’adresser aux membres du commando : ils n’ont pas réussi. En 2010, ma fille aînée a fait sa bar-mitsvah dans cette synagogue. Nous étions là avant, nous sommes là maintenant et nous serons là après ».
Martine a 19 ans en 1980, et elle était étudiante en classe préparatoire : « On a voulu me tuer alors que je venais simplement prier dans une synagogue libérale où l’on nous enseignait nos traditions ». Le faux plafond s’effondre sur eux mais ils ne sont pas blessés. Elle déclare : « Monsieur Diab, si vous êtes le poseur de bombe, j’aurais voulu vous voir dans ce box pour vous dire en vous regardant droit dans les yeux combien vous m’avez pourri la vie pendant 30 ans ». Elle explique qu’il lui a fallu une trentaine d’années pour ne plus avoir peur d’une moto dans la rue, pour ne plus sursauter au moindre pétard, pour mettre fin à ses traumatismes et phobies. Elle dit qu’elle comprend en venant au procès que « C’est en libérant la parole que nous nous libérerons psychologiquement ».
Nathalie, 60 ans, était à la synagogue avec sa sœur Nathalie le 3 octobre 1980. Elle avait 17 ans. Elle explique le chaos à l’extérieur. Elle dit que chez elle, ils n’en ont jamais parlé. Elle explique son parcours : aujourd’hui, elle est psychiatre. Elle déclare ensuite : « Je ne me suis jamais vue comme une victime mais j’ai été visée. Et j’ai compris la semaine dernière qu’on avait voulu me tuer ».
Louisa raconte à son tour qu’en sortant de la synagogue, elle avait aperçu un homme sur sa moto, avec les jambes en feu. Elle essaya d’éteindre le feu en donnant des coups de sac sur les flammes, mais il était trop tard. Elle explique que dans son foyer familial, ils n’en ont jamais reparlé. Mais qu’elle avait vécu cela avec terreur.
Philippe, 60 ans, chef d’entreprise, raconte à son tour ses souvenirs traumatisants. Il veut aussi montrer sa colère quant à l’absence d’Hassan Diab à ce procès.
« J’ai été informé récemment de la possibilité de venir témoigner » : Gad, 55 ans, témoigne de l’attentat qu’il a vécu aux côtés de son frère Patrick. Ayant 12 ans au moment de l’attentat, s’est avancé à la barre en disant que ce n’était pas un évènement « anodin ».
M Bernard Cahen clôt cette journée d’audience en rappelant que cet attentat est le premier grand évènement terroriste en France. 200 000 personnes ont manifesté le lendemain de l’explosion. Il rappelle l’importance que ce procès ait lieu, même 43 ans après. Aujourd’hui, une seule question se pose : Hassan Diab est-il coupable ou non ?
Jeudi 20 avril 2023
Intervention des avocats généraux
L’intervention du premier avocat général rappelle qu’en 1980, Chypre est le point de passage des terroristes provenant du Liban. En 1980, la DST adresse une note disant que les infos reçues par les services étrangers concernant l’affaire sont approuvées. La police judiciaire allemande reconnait aussi une antenne française du groupe composée de 5 terroristes, dont Hassan Diab. L’avocat de Défense affirme : « Le crime terroriste se définit par son intention de troubler l’ordre public. Quarante-deux ans après cet attentat, personne ne peut contester cette intention. Lorsque ce dossier nous a été confié, nous en mesurions pleinement les enjeux. Plus que le rôle d’accusation, nous nous revendiquons comme des représentants du ministère public. Notre intime conviction est celle de la responsabilité de Hassan Diab. Nous voulons nous arrêter un instant sur ces victimes évidemment toutes innocentes. D’abord, parce que le traumatisme qui a été le leur est l’illustration de dévastation qu’impose le crime ; mais aussi parce que les institutions judiciaires et l’État ont été défaillants. Si un immense travail a été fait depuis, nous devons admettre que nous n’avons pas été à la hauteur des faits le 3 octobre 1980. C’est signal fort envoyé à la société et à ceux qui tentent de la terroriser : la France n’abdique pas face au terrorisme. Toute attaque contre la France à un prix. Nous devons au juge Marc Trévidic l’accélération de l’enquête et le mandat d’arrêt visant Hassan Diab. Six années de procédures ont été entamées par Hassan Diab pour éviter l’exécution de ce mandat. Il saisira toutes les juridictions jusqu’à la Cour suprême d’Ottawa […] Les juridictions canadiennes et françaises sont aux antipodes l’une de l’autre. En 2007, les magistrats étaient déterminés à aller jusqu’à ce procès et s’il n’y avait pas eu les attentats de 2015, ce procès aurait eu lieu plus tôt. On nous dit que contrairement à la France, le Canada n’extrade pas ses nationaux. Si un français était en cause pour un attentat au Canada, à la différence du Canada, nous le jugerions. L’absence de Hassan Diab a cette barre est l’exemple le plus cynique de sa stratégie bien calculée […] Elle est toujours la même : ne s’expliquer que lorsque nous avons toutes les cartes en main […] Si le silence était son droit, sa présence aujourd’hui était son devoir ».
« Je suis devant vous pour éviter une erreur judiciaire » a déclaré l’avocat de la défense M Bourdon.
C’est au tour du deuxième avocat général de prendre la parole. Il énumère les éléments prouvant la culpabilité de Hassan Diab et « ses alibis qui ne tiennent pas » : « Cette procédure est atypique, sur le plan de la démonstration judiciaire. En 1999 elle repart de 0 et commence par un nom : Hassan Diab ». « Soyons honnêtes. En termes de proportionnalité, il n’y avait aucune chance pour que les preuves du passé correspondent aux preuves futures. Et pourtant, la vie de Diab concorde parfaitement. Il a échoué ».
L’avocat général commence par la difficulté rencontrée face aux portraits-robots. Il reprend les descriptions des témoins en montrant les ressemblances. Il déclare : « Les divergences existent mais sont minimes et ne suffisent pas à disqualifier les ressemblances certaines ». En considérant Hassan Diab tel qu’un « homme à femmes » il rappelle qu’au total neuf femmes ont fait partie de sa vie. Ces liaisons auraient mis en péril sa relation avec Nawal Copty : l’avocat général essaie de montrer la dangerosité dans laquelle Diab a vécu et son instabilité conjugale en rappelant notamment sa relation avec Suzanne la prostituée. Il rappelle que les graphologues concluent toujours qu’Hassan Diab est le scripteur. Donc elles n’excluent pas qu’il soit coupable. « À ce stade, il apparaît donc qu’Hassan Diab est le responsable d’attentat en le nom d’Alexander Panadriyu ». L’avocat général montre les éventements confus autour de l’arrestation de Ben Mohammed en Italie, possédant le passeport de Hassan Diab. Les tampons sont illisibles. Il a aussi un faux permis de séjour pour justifier son voyage au Liban. Il rappelle que Ben Mohammed est une fausse identité pour le neveu de Salim Abou Salem, le chef du FPLP. Salim Abu Salem ne peut pas utiliser de faux papiers, en tant que cadre du FPLP : c’est l’assurance d’une arrestation. Alors, il n’utilise pas le passeport de Diab pour partir. À Rome, il est contrôlé après avoir exhibé son passeport algérien.
L’utilisation de ce passeport est compatible avec les éléments connus à l’époque sur Hassan Diab. Rappelons que son père dit que son fils quitte le Liban en septembre 1980. Son passeport est saisi à Rome et est marqué par des tampons d’entrée et de sortie d’Espagne, d’où siègerai le commando de l’organisation.
Le doute sur sa participation aux examens d’octobre 1980 traduit une réelle question quant à sa présence physique au Liban. En 1999, la découverte du passeport qui est saisi en 1981 nous ramène à l’attentat de la rue Copernic. Le 12 septembre 1980, il obtient un tampon de sortie et d’entrée du Liban. Sur le faux visa espagnol, les tampons de sortie du Liban datent de 1981. « Quel intérêt de faire de faux tampons ? Ça n’a aucun sens. Il est inconcevable de faire de faux visas et de ne pas falsifier une photo. L’intérêt de faire de faux visas d’un pays suspecté de terroriste international ? C’est tout le contraire du FPLP », déclare l’avocat général.
Après une suspension d’audience, car l’avocat général faiblit après plus d’une heure de prise de parole, il rappelle les propos de Nawal Copty, il y a quelques années de cela. Elle ne souhaite pas parler aux autorités françaises mais accepte de discuter avec les autorités canadiennes. Il rappelle le comportement suspect de l’accusé et salue les victimes : « Je voudrais saluer une dernière fois les victimes. Saluer les morts dont on a tenté d’honorer les mémoires mais aussi les vivants qui nous ont honorés de leur présence. Chères victimes, entendez ces regrets des policiers venus à la barre, puissent-ils vous apaiser ». L’avocat général salue également la dignité : « La dignité est l’émotion réelle des enquêteurs. Ceci est le dossier d’une vie. Car encore 43 ans après, certains en sont encore habités. Hassan Diab n’est pas serein, ça fait 15 ans qu’il essaie de s’en sortir et cela fait 15 ans qu’il n’y arrive pas et c’est déjà une victoire. C’était déjà une victoire pour la justice française que de juger ce dossier. En face, il n’y a rien sinon l’indignité. Il nous injure de ses mots choisis ‘injustice, persécution, procès de la honte, l’outrage’. Cela relève de l’indécence allant jusqu’à la nausée en invoquant Dreyfus. On a dit aux victimes juives, à l’époque, qu’elles étaient responsables de cet attentat. On a même entendu dire qu’elles étaient les auteurs de cet attentat. On continue aujourd’hui d’accuser les juifs d’acharnement judiciaire ».
L’avocat général démontre la preuve incontestable d’un mensonge familial : il rappelle que Nawal Copty revient sur ses aveux quant à la démonstration d’une preuve à l’appui. D’après lui, l’alibi de la perte du passeport de la part de Hassan Diab ne tient pas et va à l’encontre de ses déclarations. Aussi, il rappelle que sa demande de visa pour l’Espagne se fait l’exact même jour que la demande de visa de Nawal Copty pour l’Angleterre. « En réalité, si Hassan Diab n’a jamais perdu son passeport, les tampons attestent de ses voyages. On a la preuve qu’il s’est rendu en Espagne à des dates qui entourent précisément la préparation de l’attentat Copernic : en effet, il était sur place du 23 septembre jusqu’à sa disparition le 3 octobre. Sur le passeport de Diab, son arrivée en Espagne est marquée 4 jours avant » : d’après le juge, les évènements collent parfaitement et sont suffisants pour prouver sa culpabilité.
« En janvier 2016, après 8 ans d’accès au dossier, Hassan Diab donne un nouvel argument sur le fait qu’il accompagne Nawal Copty pour son départ en Angleterre en 1980. Quelques semaines plus tard, cette dernière aborde ce sujet. L’absence de spontanéité de ce témoignage rend ces dictions peu crédibles. De plus, le père de Copty ne confirmera jamais la présence d’Hassan Diab ce jour-là ». L’avocat général revient également sur les dates des examens à l’université. A priori, lors de son année universitaire en 1980, Hassan Diab aurait passé ses examens à la deuxième session après avoir loupé la première. Les dates correspondent donc avec ses déplacements.
Grâce aux éléments apportés par chacun des témoignages à la barre, pendant ces 3 dernières semaines, « les charges sont devenues des preuves », d’après l’avocat général. « Les alibis ne tiennent pas et les mensonges sont trop répétés pour être crus » : ce sont ses derniers mots.
L’audience est terminée pour aujourd’hui, rendez-vous le lendemain pour le verdict final de la justice française, face à ce crime commis il y a 43 ans.
Vendredi 21 avril 2023
Verdict final
Le verdict est prononcé ce vendredi matin, à l’heure habituelle de l’audience. La presse est au rendez-vous, comme toujours, dans la salle d’audience mais aussi dans le Palais de justice. C’est une affaire médiatisée dans le monde entier, qui était attendue d’être jugée depuis des années.
Hassan Diab est reconnu coupable en son absence par la cour d’assises de Paris, qui a rendu son verdict après plus de 7 heures de délibération. Le procureur demande une réclusion à perpétuité et émet un mandat d’arrêt qui sera par la suite envoyé au Canada. Hassan Diab est donc jugé coupable par la justice française, cet décision participant à la reconnaissance des victimes de cet attentat.
La décision rendue par le parquet rend hommage aux morts, aux blessés et à toutes les personnes touchées de près ou de loin par cet évènement. À toutes les personnes qui ont eu des dommages physiques, des dommages psychologiques et aussi matériels, n’ayant eu accès à aucune aide, afin de retrouver un peu de l’« avant ».
Ce fut trois semaines de tension : nous attendions le verdict. Et cela pour ces victimes touchées par des traumatismes et marquées physiquement, des familles détruites, des familles qui n’ont jamais eu d’aide pendant ces 43 dernières années.
Pourquoi cette affaire a-t-elle mis autant de temps à être jugée ? La conséquence de cette perte de temps est que le Canada est le seul à décider de l’avenir de l’accusé : faire parvenir le mandat d’arrêt à Hassan Diab repose entre les mains des autorités du pays. Mais si l’affaire avait été jugée plus tôt, le Canada aurait forcément autorisé la première demande d’extradition. Et Hassan Diab aurait été inculpé directement en France, dans le pays où il a lancé son attaque, dans le pays où il a tué ; il ne serait pas retourné vivre librement.
Je tiens à remercier Fabrice Rizzoli, mon maitre de stage et président de Crim’HALT. Tout d’abord pour ces deux mois d’apprentissage enrichissants et pour m’avoir permis d’assister à ce procès.
L’association Crim’HALT a défendu activement et défendra la reconnaissance des victimes innocentes du crime organisé en France et en Europe, en se battant pour obtenir des réformes législatives qui auront un impact concret sur les groupes du crime organisé, pour soutenir la population civile. Comme dirait Fabrice Rizzoli, il y a un certain nombre de dispositifs législatifs qui permettraient « aux citoyens d’être au cœur de la lutte contre le crime organisé ».

Source : David Cochrane de CBC News, L’universitaire canadien Hassan Diab sera jugé en France l’an prochain pour terrorisme, Radio Canada Info, 24 janvier 2022. URL.

Source : Inconnu, Attentat de la rue Copernic : Hassan Diab mis en examen, RTL, 15 novembre 2014. URL.

Source : Emmanuel Fansten et Willy Le Devin, attentat de la rue Copernic : un non-lieu peu commun, Libération, 12 janvier 2018. URL.

Source : Elise Vincent, attentat de la rue Copernic : un non-lieu épineux, Le Monde, 13 janvier 2018. URL.

Des pompiers s’affairent, le 03 octobre 1980, à Paris, autour de véhicules détruits par l’explosion d’un engin explosif visant la synagogue de la rue Copernic.
Crédit : STF / AFP
Source : Paul Turban & AFP, Il y a 40 ans, un attentat antisémite vise la synagogue de la rue Copernic, RTL, 3 octobre 2020. URL.

Source : G. Moréas, Copernic : un procès hors du temps, Le Monde, 3 avril 2023. URL.

Source : Inconnu, Trial of 1980 Paris synagogue bombing opens without sole suspect, RFI, 10 août 2022. URL.




Source : Aude Blacher, Attentat de la rue Copernic : 42 ans après, un procès sans l’accusé resté au Canada, Franceinfo, 2 avril 2023. URL.
Ouvrages
Jean Chichizola et Hervé Deguine, L’affaire Copernic, Les secrets d’un attentat antisémite. Editions Mille Et Une Nuits, avril 2009. 242 pages. URL (et extrait ici).
Documents électroniques
David Cochrane de CBC News, « L’universitaire canadien Hassan Diab sera jugé en France l’an prochain pour terrorisme », Radio Canada Info, 24 janvier 2022. URL.
G. Moréas, « Copernic : un procès hors du temps », Le Monde, 3 avril 2023. URL.
